Un homme seul dans sa chambre, ne fait rien, il laisse le temps
passer.
Sous sa fenêtre, une masse circule, ce regroupement d’individu semble ne former qu’une seule entité mais dans laquelle chaque composant est aussi animé par ses propres mouvements.
Les bruits de dehors semblent l’obséder, envahissant de plus en plus son espace clos et confiné. Il est de plus en plus mal à l’aise, essayant de lutter contre ces sons qui le meurtrissent.
Mais impuissant, l’homme se détendre, vaincu par cette vibration qui a réussi à détruire sa résistance, le mettant à sa merci.
L’homme se prélasse toujours, étendu sur son lit, les sons extérieurs se sont transformé en une vibration grave, dans laquelle on peut entendre différentes voix, et parfois des mots audibles
semblent surgir mais la vibration collective rattrape vite ces vibrations solitaires pour les engloutir, les enfouir. La vibration module, semble chercher la fréquence permettant de rentrer en
phase avec cet espace, le détruire. Les mots et gémissements prononcés par l’homme sur son lit sont eux aussi aspirer par la vibration, l’ajoutant à la multiplicité des bruits de la rue qui a
formé cette entité sonore.
L’homme semble comme étranglé, ne peux plus respirer, il suffoque, prisonnier de ce son qui l’entoure et l’étouffe.
Des ombres arrivent derrière la porte, masquant la lumière du couloir filtrant à travers l’espace entre le plancher et la porte. Dés que l’homme se rend compte de cette arrivée soudaine, l’onde
s’estompe petit à petit.
Soudain cette chose cogne à la porte très fort, il sursaute, encore un coup, encore un, jusqu'à se que l’on comprenne que des centaines de gens sont agglutinés derrière la porte et frappent pour
essayer d’entrer.
Finalement la porte cède, laissant se déverser un flot de gens semblable à un liquide gluant noyant l’homme qui s’étouffe. Il se débat pour ne pas mourir étouffé sous cette masse de personnes qui
ne cesse de rentrer, s’entassant sur lui jusqu’à ce que la chambre soit remplie jusqu’au plafond.
Il se retrouve dans de l’eau, il n’y a plus aucune lumière pour lui indiquer où est la surface ou si il y a une issue lui permettant de reprendre de l’air.
Il nage, nage, panique, crie, se débat, mais rien n’y fait, les ténèbres l’engloutissent.
Il se réveille, les bruits de la rue ont envahis son appartement (heure de pointe).
Finalement échappant à ses obsessions, il sort.
Il semble lutter au début contre les provocations physiques, mais petit à petit, on se rend compte que la lutte devient plus psychologique. Ses efforts, sa volonté d’avancer sont réduit à néant
par cette masse. Même ses pensées sont remaniées par ces étrangers qui le poussent à agir contre sa volonté.
Il veut tourner mais tout d’un coup quelqu’un arrive à toute vitesse et passe devant lui.
Des regards furtifs l’intimident, le choquent par leurs intensités, leurs désirs le pénètrent, le remanient dans le but de le transformer à leurs images. [Comment voit il les choses ?]
Des touristes le voient. Comme ravi d’avoir trouvé cette curiosité, ils se mettent autour de lui et le prennent en photo comme un trophée de chasse.
Sous les flashes, l’homme se transforme en statue au sourire ridicule, figé.
Un homme se cogne contre lui avançant sans se rendre compte ou il va. Il reste étonné par cette chose, jusqu'à ce qu’une personne vienne se cogner contre lui, créant un effet boule de neige,
regroupant derrière eux toute une foule de gens se plaignant de l’imprévisibilité de cette chose gênant le bon déroulement de leurs trajets.
Un homme arrive à contre courant, le seul à ne pas être gêné par cet écoulement de gens.
Il a un habit ridicule, et marche rempli d’autosuffisance.
Il se poste juste devant lui.
« Dit donc vous savez l’heure qu’il est, on vous a jamais dis qu’il fallait pas sortir maintenant? »
Comme surpris dans un songe, la tête de la statue se met à bouger, et le sourire s’efface de ses lèvres.
« C’est dangereux, surtout quand on a rien à faire ». Reprend l’homme.
D’ailleurs vous faites quoi ici? Allez, allez circulez !! »
La statue baisse la tête se demandant se qu’il fait ici, il se retourne, regarde la foule derrière lui qui proteste contre lui. Intimidé, il dit en bafouillant, avec un air totalement
détaché :
« Je, je n’ sais pas, je passais et puis…. »
N’attendant pas le reste de son histoire, les gens reprennent leurs chemins, sans faire attention à lui, mais quand ils le touchent, ils disloquent son corps de statue, sa main tombe, puis son
bras, ses jambes, pendant que sa tête les prie de faire attention à lui, mais sans succès.
Seule sa tête qui n’a pas été emporté par la masse ,reste au sol, angoissé, les yeux effrayés, regardant les gens circulant autour de lui ne prêtant aucune attention à ses plaintes.
Finalement un balayeur trouve la tête. Elle essaye de communiquer avec lui mais il fait mine de ne pas comprendre, la met à la poubelle qu’il jette dans le camion à ordure.
L’homme est de nouveau dans son appartement, allonger sur son lit, on voit son regard angoissé, laissant comprendre qu’il vient de sortir d’un cauchemarder traumatisant.
Dehors, il fait nuit, assit sur son lit il se remet en position pour dormir.
Il observe l’espace autour de lui, ses yeux font des allés et retours de la fenêtre à l’intérieur de son appartement, la peur du changement est toujours présente.
Le temps passe, la nuit se fait petit à petit, et avec elle l’agitation extérieure cesse progressivement, pour ne laisser que quelques voix bien distinctes, se faufilant à travers sa fenêtre.
La lune se lève éclairant son rideau d’une lumière blanche glacée. Son petit monde intérieur s’anime, L’extérieur semble ne plus avoir d’emprise sur son univers.
Il parais beaucoup plus détendu que la journée, prend une douche, surveille beaucoup moins l’évolution du mon qui l’entour.
Il se couche, se prélasse dans son lit, s’assoit, et prend un livre, qu’il feuillette à la lueur de sa lampe de chevet.
Sans qu’il s’en rende compte cette fois ci, la lumière s’allume derrière sa porte d’appartement fermée. Lui, s’assoupi devant son livre, le repose sur sa table ; des bruits de pas au loin se
rapprochent. Il se couche, et éteint la lumière ; les bruits de pas se multiplient. Plus le bruits de pas se rapproche et plus le nombre de claquements augmente.
L’homme contrairement à se matin parait totalement détaché du bruit qui fond sur lui.
Une ombre se poste derrière sa porte, et cogne sur la porte produisant un coup sourd et net.
L’homme est endormi, son visage est paisible.
La lumière derrière la porte a disparu. Dans sa chambre, la lune est toujours là, éclaire son rideau qui semble prendre vie.
Il ouvre la fenêtre, dehors, tout est inanimé. Quelque chose de magique, semble maintenir un certain ordre, une cohésion qui n’est que provisoire.
Une fille en bas de sa fenêtre surgit de nulle part.
« Tu dormais ? »
Surpris, il ne répond rien, et fini de contempler l’inertie du monde extérieur.
« Moi aussi je dors, de toute façon j’ai plus que ça à faire »
L’homme toujours troublé par cette apparition, la regarde fixement cette fois ci, semblant lui demander « pourquoi ? »
« Bon, tu viens ou pas ? »
« Tu vas pas rester seul comme ça, regarde comme tu es. »
« Tiens, regarde!! »
Un dauphin passe à toute vitesse dans le ciel, des chants emplissent l’espace, et entoure l’homme qui semble interagir avec cette musique tactile. Son corps bouge avec la musique, et les ondes
qu’elle produit moule les mouvements de son corps.
Il lève la tête vers le ciel, et d’un mouvement rempli de facilité et de grâce, monte sur le rebord de sa fenêtre.
Sa respiration devient plus profonde, et petit à petit son visage s’éclairci comme si sa conscience avait réalisé toute l’importance du geste qu’il allait accomplir.
Il prend encore quelques bouffées d'air et saute dans le vide.
text by
antoine
photos by
luminitza